Génération pour karaté
Il existe un décalage considérable entre la tradition de
l'art martial japonais et la pratique sportive contemporaine du karaté, au Japon
comme dans les autres pays.
Préface : Roland Habersetzer, 8e Dan en Karaté, est l’un des
plus hauts gradés en dehors du Japon. Avec près de 70 ouvrages publiés depuis
1968, il est devenu l’auteur de la plus importante œuvre au monde consacrée aux
Arts Martiaux. Argumentaire :« Karaté Bunkai Kata » est le complément
indispensable et la suite logique des deux ouvrages de référence déjà parus sur
le Karaté aux Éditions Amphora « Karaté Pratique » et « Karaté Kata ». La seconde démonstration, en 1922, à Tokyo,
devant les universitaires et les plus grands experts d'arts martiaux
du moment, obtient un tel succès que le gouvernement japonais lui
demande de rester à Tokyo pour enseigner son art. Il y ouvre alors
un dojo et rebaptise l'Okinawa-té "Karaté-do" (de kara, vide, de té,
main et de do, voie ou chemin). Par le do, le maître Funakoshi veut
rappeler que la pratique du karaté doit être un chemin qui mène à
l'épanouissement de l'esprit et du corps. Il appelle sa méthode le shotokan en 1936 du nom de son dojo
à Tokyo Le Shotokan . Le shoto c'est la longue vie et le kan c'est le pin, les
deux symboles de son école : la longévité et l'espace. Le dessin avec le tigre à
l'intérieur du cercle est le Tora no maki, le "rouleau de tigre". Ce dessin a
été peint par Hoan Kosugi, ami et étudiant de Gichin Funakoshi, artiste japonais
réputé. Il a fait ce dessin au pinceau spécifiquement pour illustrer la page de
couverture du livre de Funakoshi Karate-Do Kyohan , et l'irrégularité du cercle
indique qu'il l'a fait d'un seul trait. Le caractère vers le haut dans le quart
de cercle du nord-est du cercle fait partie de la signature de l'artiste. Le
Tora No Maki, ou le tigre Shotokan, est devenu le symbole du karaté Shotokan. Le maître Gichin Funakoshi
D'Okinawa au Japon
Après avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa. Les plus grands experts de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème (dont Hanashiro Chomo, Chotoku Kyan, Azato Yasutsune (le premier maître de Funakoshi), Kentsu Yabu, Ankō Itosu (le second maître de Funakoshi), Chibana Shōshin (l'un des condisciples de Funakoshi), Gichin Funakoshi, Kanryō Higaonna, Chōjun Miyagi (disciple du précédent), Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi), ... sont tous, sans exception, originaires d’Okinawa qui est une île située au sud du Japon. A ce titre, le karaté est un art martial en provenance d’Okinawa, et non pas du Japon.
Il est utile de préciser qu'à part Kanryō Higaonna, et Chōjun Miyagi son disciple et successeur, tous les autres, sans exception, sont des disciples, directs ou indirects de Sokon Matsumura (1809 - 1896).
Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est le berceau du karaté tel qu'il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été apportées en grande partie (les Okinawaïens avaient aussi des techniques martiales qui leur étaient propres, comme la rotation axiale du poing dans les coups de poing et les blocages), par les Chinois qui se sont installés sur l’île d’Okinawa. C'est en fait le "mélange" de ces techniques qui est à l'origine du karaté.
En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. Deux cents ans plus tard, soit en 1609, après l'invasion de l'ile par le clan Satsuma, les armes sont encore confisquées par le nouveau gouvernement, japonais cette fois. Cette interdiction contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs à mains nues.
Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te, (nom donné au "Tō-de" à partir de la 2ème moitié du 19ème siècle, en réaction à la domination japonaise) en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant « main », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.
Les différentes pratiques et styles majeurs du karaté
Plusieurs écoles ou styles différents se sont créés au cours du XXe siècle. Ils varient tous les uns des autres, dans bien des domaines : frappes, positions de combat, utilisation d'armes, applications martiales ... Les quatre grands styles officiels du karaté sont : le Shotokan, le Gōjū-ryū., le Wado-Ryu et le Shito-Ryu. Toutefois, au cours de l'histoire, nombre d'écoles se sont créées et ont grandi avec plus ou moins de réussite.
Il est aussi intéressant de noter, qu'à part le Gōjū-ryū. tous les autres styles, sans exception, sont issus du Shōrin-Ryū de Sōkon Matsumura.
Bien qu'aujourd'hui il y ait beaucoup de différents karatés pratiqués en tant que sports, à l'origine il n’y en avait qu’un seul et unique. Le Premier Karaté ou Traditionnel (Karate-Do) était le Karaté originel auquel ces différents sports, qui sont arrivés plus tard, ont emprunté le nom « karaté », comme il est généralement et largement utilisé aujourd'hui.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la valeur du karaté pour l'autodéfense, la forme physique, la compétition et le développement général mental et physique est devenue de plus en plus reconnue. Cependant, en tant qu’art martial, le karaté nécessite de longues études approfondies. La pratique du karaté allait connaître un boom de popularité, et les exigences de longues études approfondies ont fini par être ignorées à cause de la demande du monde d’aujourd’hui, qui veut des résultats plus rapides ainsi qu’un développement plus rapide. Le résultat a été l'apparition de beaucoup de nouveaux sports utilisant le nom de karaté. Pour éviter la confusion avec ces nouveaux sports, le public a commencé à distinguer le Karaté originel en tant que « Karaté Traditionnel ».
L'ITKF (International Traditional Karate Federation) a voulu faire comprendre et faire reconnaître que c'était le seul et unique corps gouvernant du karaté traditionnel. En 1987, le CIO a officiellement confirmé que l'ITKF était le seul et unique corps gouvernant pour le karaté traditionnel. Cette organisation a été fondée par Hidetaka Nishiyama.
L’unique représentante en France de l’ITKF, donc du karaté traditionnel, est la FKTAMAF (Fédération de Karaté et Arts Martiaux Assimilés en France).
Dans le monde entier, les membres de l'ITKF pratiquent beaucoup « de styles » différents de karaté (comme Shotokan, Goju-ryu, etc). Cependant, même à l’intérieur du même style, les groupes qui sont affiliés à l'ITKF poursuivent le Karaté en tant qu’art du Budo alors que d'autres n'appartenant pas à l'ITKF pratiquent ce « karaté sportif » qui est vaguement un jeu de pied/poing et qui se pratique sans aucun réel principe du Budo.
Mumonkai karaté
(l'École de la Porte de la vacuité)Créé au début des années 1970 par Togashi Yoshimoto ancien pratiquant de karaté kyokushinkaï. Le Mumonkai se caractérise par sa garde particulière ou le poing arrière est chargé comme une flèche prête à être décochée sur l'adversaire et ses katas spécifiques. Les règles de compétitions sont proches voire identiques à celles du Kyokushinkaï à la différence prêt que les frappes au visage sont autorisées car les combattants en Mumonkai utilisent un casque intégral (inspiré ou identique à celui du Daïdo-juku) .
Codes et pratiques
Chaque cours commence et se termine par une courte méditation et par le salut (rei), les élèves faisant face au professeur ou sensei. Parfois aussi, les plus gradés ou anciens (sempai) sont situés légèrement à part et saluent le sensei séparément en plus du salut à tous. Le salut se fait en silence et avec respect mutuel.
Les séances d'apprentissage commencent habituellement (même si ce n'est pas codifié) par un échauffement (ou préparation physique) qui prépare les muscles et articulations à l'entraînement proprement dit. On adaptera l'échauffement à l'entraînement qui suivra en insistant sur la souplesse, l'endurance ou encore la force physique.
L'entraînement peut se composer de kihon (ou drill) qui est constitué de répétitions et/ou enchaînements de mouvements; de l'apprentissage de un ou plusieurs kata (combat imaginaire codifié contre un ou plusieurs adversaires), de l'assimilation de bunkai (ou application du kata au combat) et enfin de kumite (ou combat), lequel pouvait être souple (ju-kumite) pour s'échauffer et tester des techniques ou plus codifié pour apprendre la prise de distance et les tactiques de combat (ippon kumite, sambon kumite, gohon kumite, pinan kumite, oyo kumite).